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Les livres ne supportent pas l'humidité, ceci est un secret pour personne. Pour autant, l'eau semble aimer les livres, ces derniers temps, vu qu'il ne cesse de pleuvoir à chaque fois qu'il y a un salon du livre en extérieur de prévu.

Après la pluie de fin de journée de la "Fête du Livre et de la Rose" de Perpignan, la pluie constante toute la journée de la "Fête du Livre et de la Rose" d'Elne, la pluie de fin de journée de la fête du Livre et des Éditeurs de Céret, le déluge durant tout le week-end des Vendanges littéraires de Rivesaltes, voilà que la 5ème édition du Livre en Herbes de Prades a été compromise par un temps exécrable ce dimanche 21 octobre 2012.

Durant la semaine, nous avions été prévenus par les organisateurs que la manifestation avait été déplacée dans le gymnase de la ville à cause des prévisions météorologiques catastrophiques. Dans la nuit du samedi au dimanche, des trombes d'eau se sont abattues sur le village, accompagnées d'éclairs et du fracas du tonnerre, nous privant d'une bonne partie de notre court sommeil.

C'est donc les traits tirés et la mine usée que nous nous levions de très bonne heure pour constater que la pluie n'avait cessé et que des torrents dévalaient les rues. La question se posait alors de savoir s'il fallait ou non prendre le risque de se rendre à Prades alors qu'il semblait déjà difficile de quitter le village. Nous avons donc attendu 8h00 pour téléphoner au gymnase afin de savoir le temps qu'il faisait à Prades et si la manifestation était maintenue.

Après confirmation d'un temps plus clément et du maintien de l'évènement, l'arrêt de la pluie nous encourageait à tenter notre chance. Nous chargions alors rapidement la voiture, de peur que la pluie retombe et quittions notre village, incertains du bien-fondé de notre décision.

Heureusement, excepté une très large flaque qui faillit bloquer notre progression, le reste du chemin ne fût pas semé d'embûches.

Un peu plus d'une heure plus tard, nous arrivions à destination.

Plusieurs confrères n'avaient pas osé défier les intempéries et la salle comptait de nombreuses tables vides. Nous retrouvions tout de même certains habitués de ce genre de manifestation.

Un temps maussade, un lieu excentré, un dimanche ou rien n'est ouvert, limitant, en cela, la possibilité de croiser des gens venus là par hasard, les éléments n'étaient pas en notre faveur.

Et, effectivement, le manque de badauds nous laissait largement le temps de prendre un café et un croissant offert par les organisateurs, de discuter avec nos voisins de table et d'attendre... d'attendre... d'attendre.

La matinée fût très très calme et les participants à l'évènement étaient bien plus nombreux que le public ce qui est un comble.

Vers 13h00, le repas préparé par les organisateurs, avait pour effet de rompre la monotonie déprimante. Taboulé, paëlla, bras de vénus et puis nous quittions la table du repas pour celle de l'exposition.

Il fallu attendre le milieu de l'après-midi pour que les choses se décantent un petit peu, mais, au vu du très peu de passants, réussir à en convaincre quelques-uns d'investir dans le livre d'un inconnu n'était pas chose facile. Heureusement, l'argumentaire est maintenant suffisamment rôdé pour inciter le passant à tenter sa chance même quand cela n'était pas dans son intention à la base.

Si l'on se fixe au nombre de ventes, la journée a été assez mauvaise mais si l'on ne considère que le ratio passants/acheteurs, alors, celui-ci est extrêmement satisfaisant. Ne reste plus qu'à espérer que la prochaine fois, il ne pleuvra pas, que les badauds soient très nombreux et que le ratio demeure au même niveau.

Les rares acheteurs ont totalement boudé le recueil de nouvelles "Chaîne de vies", mais ont choisi, à part égale, l'un ou l'autre des opus de la saga "Wan & Ted".

Pour autant, cette journée ne fût pas désagréable. Elle nous a permis d'ajouter une date à notre programme de l'année prochaine et de prendre contact avec la médiathèque de Prades pour un futur soutien de leur part.

Que la ville de Prades est belle, nichée au pied des montagnes, baignée par les nuages, ravivée par la lumière du jour qui décroît.

Nous quittions alors le Conflent, allégés de quelques livres mais alourdis de quelques billets.

Au final, nous avons hâte d'être à l'année prochaine pour espérer profiter, cette fois-ci, du cadre du château de Pams et de nombreux visiteurs.